Le pélerinage a la Mecque

Le pélerinage a la Mecque
Le pèlerinage de La Mecque en Arabie Saoudite, à 60 km de la Mer Rouge, est une obligation pour tout musulman au moins une fois dans sa vie, à condition qu'il soit en bonne santé et qu'il ait les moyens de le faire. Selon le Coran, il a été institué par Dieu, et c'est le cinquième pilier de l'Islam. Mahomet a fait son dernier pèlerinage quelques temps avant sa mort en 632.
Le point fort se situe autour de la Kaaba, grand cube situé au centre de la cour de la mosquée de La Mecque.

La Mecque attire plus d'un million de pèlerins par an.


Origine du pèlerinage
La tradition musulmane dit qu'Ibrahim (Abraham) a conduit une de ses épouses, Hajar (servante Agar selon la Bible) son fils Ismaïl (Ismaël), dans une vallée d'Arabie. Dieu a fait jaillir de l'eau sous le pied d'Ismaël pour lui donner à boire. Les caravanes qui passaient par là ont pu utiliser cette eau de source, baptisée Zemzem. Des commerçants ont alors décidé de s'installer dans ce lieu: c'est ainsi qu'est née la ville de La Mecque.
La tradition dit ensuite qu'Ismaïl (âgé de 13 ans) et Ibrahim ont construit la Kaaba, bâtiment en forme de cube vide, comme lieu de culte. La Kaaba contient la Pierre Noire, météorite offerte par l'Ange Gabriel à Ibrahim, toujours selon la tradition.
Ce pèlerinage est donc effectué pour l'amour de Dieu et en reconnaissance d'Ibrahim et d'Ismaïl; il peut permettre le pardon des péchés des pèlerins.

La Kaaba
On rencontre aussi les orthographes Ka'ba et Ka'aba.
Ce terme signifie littéralement "bâtiment carré". C'est un gros cube de dimensions 10x12 m à la base, et de hauteur 15 m, situé au milieu de la mosquée d'Al-Haram. Il est surmonté d'une plate-forme et recouvert d'un voile noir. L'édifice actuel est en pierre grise et en marbre. Ses quatre coins sont orientés selon les points cardinaux.
La grande porte en cuivre est partiellement masquée par un rideau orné de versets du Coran en lettres dorées.
La Pierre Noire est scellée dans le mur oriental et entourée d'un cercle d'argent.



Conditions pour faire le pèlerinage
Il faut:
Croire en Dieu et en l'islam,
Etre sain d'esprit,
Etre majeur, les enfants peuvent accompagner les parents,
Etre en bonne santé et avoir l'argent pour le voyage et le séjour, sans compromettre l'existence du reste de la famille.
Déroulement du pèlerinage
Le pèlerinage est une épreuve physiquement très éprouvante, selon des règles précises (plusieurs centaines). Sous sa forme complète, il se déroule en plusieurs sites:
La Mecque,
Mina,
Arafat,
Mouzdalifa.
Il comprend des stations en plein soleil (50°C à l'ombre), parfois tête nue, parfois à jeun. Ces conditions peuvent être très dangereuses pour les plus âgés, mais certains cherchent à mourir en terre sainte.
Avant de pénétrer dans le territoire sacré de la Mecque en vue du pèlerinage, il est recommandé aux musulmans d'être propres à tous points de vue. Chaque pèlerin doit se vêtir de deux draps blancs, un à la taille et l'autre sur l'épaule, et se chausser de simples sandales. Chaque musulman peut accomplir les rites du pèlerinage de son choix:

selon le mode "tamatou": visite pieuse (petit pèlerinage) ou omra ou encore oumra, qui peut avoir lieu à n'importe quelle époque; cependant, si elle a lieu au mois de Ramadan, elle a la même valeur que le grand pèlerinage,
selon le mode "ifrade", hajj (grand pèlerinage) sans omra,
selon le mode "quirane" cumul du hajj et de la Omra.
Le hajj a lieu entre le 8 et le 13 du mois lunaire de Doul-Hidja ou Dhou al-hijja (le dernier de l'année, le Ramadan -obligation de jeûne- étant le 9ème).
Quand le pèlerin a pris la décision sur la nature de son pèlerinage, il dit: "Me voici devant toi mon Dieu pour ... le nom du mode choisi. Puis: "Je réponds à Ton appel, O Allah".
Déroulement sommaire du hajj:
Le 8 du mois de Dhoul Hidja, le pèlerin arrive au miquat de son pays (une des 5 portes d'accès au territoire sacré de La Mecque); il prononce la niyya, il est alors sacralisé, en état d'ihram. Il se rend à la mosquée Al-Haram pour la salat de midi (prière canonique, 2ème pilier de l'islam). Puis dans la cour de la mosquée, les pèlerins tournent sept fois autour de la Kaaba (le Tawaf), dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en faisant un signe de la main en sa direction; quelques uns peuvent toucher la Pierre Noire, et les plus chanceux l'embrassent, tout cela devant être fait dans le recueillement.



Ils vont ensuite au puits sacré de Zemzem, juste à côté de la Kaaba. Ensuite les pèlerins se rendent à la station d'Abraham pour prier, puis terminent par un parcours effectué sept fois entre Safa et Marwa, deux collines près de la ville, évoquant le chemin d'Agar cherchant de l'eau pour son fils.
Le 9 du mois de Dhoul Hidja, le pèlerin part en direction du territoire de Arafat; il fait une pose à Mina pour la prière de midi. Tous les pèlerins se réunissent ensuite près du mont ar-Rahma, où ils prient toute l'après-midi jusqu'au coucher du soleil, en répétant: "Me voici devant toi, Allah". Après le coucher du soleil, ils vont à Mouzdalifa, dans le calme et la sérénité; ils prient puis vont ramasser des petits cailloux pour la lapidation à Mina le lendemain, et passent la nuit sur place.
Le 10, avant le lever du soleil, ils se mettent en route pour Mina, pour la fête du sacrifice: chaque pèlerin arrivant à Mina lapide la plus grande stèle à l'aide de 7 cailloux. C'est aussi le jour du sacrifice, en souvenir du sacrifice de l'agneau qu'Abrahim a immolé à la place de son fils (à ce propos, la Genèse dit qu'il s'agit d'Isaac, les musulmans disent qu'il s'agit d'Ismaël).
Les 11, 12 et 13, séjour à Mina: lapidation chaque après-midi de 3 stèles représentant Satan; il faut quitter Mina avant le coucher du soleil. Les pèlerins se rendent de Mina à la Mecque où se termine le pèlerinage par le Tawaf Ifada (obligatoire). Quand le pèlerin a terminé ses préparatifs de départ, il doit prendre congé de la Kaaba. Il effectue un dernier Tawaf d'adieu.

# Posté le jeudi 12 janvier 2006 14:55

Modifié le mardi 12 juin 2007 02:40

Mehmet Ali Agça, L'homme qui a voulu tuer le pape

Mehmet Ali Agça, L'homme qui a voulu tuer le pape
L'auteur de l'attentat contre le pape Jean-Paul II, en 1981, a été liberé le 12 janvier 2005.
Un tribunal turc a en effet autorisé la libération de Mehmet Ali Agça, estimant que celui-ci avait maintenant purgé sa peine.
Le 13 mai 1981, Mehmet Ali Agça, un ultra-nationaliste turc alors âgé de 23 ans, avait tiré sur le pape Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre, à Rome, alors que celui-ci se déplaçait dans une voiture découverte.
Le souverain pontife avait été grièvement blessé à l'abdomen.
Agça a passé 19 ans dans les prisons italiennes. En 1983, le souverain pontife l'avait rencontré en prison et lui avait pardonné son geste. Mehmet Ali Agça a été gracié en 2000 à la demande de Jean-Paul II.
La Turquie avait ensuite demandé son extradition pour lui faire purger deux peines pour des crimes commis dans les années 70, dont l'une pour le meurtre d'un journaliste turc.

Près de 25 ans après sa tentative d'assassinat contre Jean-Paul II, Agça, aujourd'hui âgé de 47 ans, n'a toujours pas expliqué les raisons de son geste.

À la mort de Jean-Paul II en avril dernier, Mehmet Ali Agça avait demandé à assister aux obsèques du souverain pontife, mais cette permission lui avait été refusée.

Depuis sa rencontre avec Jean-Paul II en 1983, Agça considérait celui-ci comme son « frère spirituel ».
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# Posté le jeudi 12 janvier 2006 14:46

Bob Marley

Bob Marley
Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles. Fils d'un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d'une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d'être métisse, pris entre deux mondes qui s'ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes. Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto où se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios de Miami.

Bob Marley enregistra son premier morceau, Judge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Le taux de chômage était alors de 35 %. Il venait de laisser tomber son job de soudeur. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee "Scratch" Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier. En Jamaïque, les droits d'auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent tout en étant d'énormes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île.

Jusqu'en 66, d'ailleurs, la musique de Bob Marley reposait encore pour une très large part sur cette glorification du style de vie urbain des voyous jamaïcains. De Rude boy à Steppin' razor, l'hymne des caïds de Kingston chanté par Peter Tosh, en passant par Rule them ruddy ou I'm the toughest (aussi chanté par Peter, et repris par une foultitude d'artistes, dont Johnny Clarke et I-Roy), le jeune Marley assumait le style 'rocker' pour épater la galerie. Il faut attendre sa rencontre avec Mortimo Planno, figure tutélaire du mouvement rasta à Kingston, pour que Bob se laisse pousser les dreads et laisse tomber les bracelets cloutés. Peu après, Vernon Carrington – "Gad the prophet" pour les Rastas et fondateur de l'Eglise des 12 tribus d'Israël – poursuivit l'éducation spirituelle de Bob Marley, bien que la star se défendra plus tard d'avoir eu besoin de quiconque pour trouver sa voie (c'est bien naturel) :
"You have to look inside yourself to see rasta. Every Black is a rasta, dem only have to look inside themselves. No one had to tell me. Jah told me himself. I and I look inside I self and I saw Jah Rastafari".

Gad révéla donc à Bob le secret des 12 tribus d'Israël, selon lequel chaque personne appartient à une de ces tribus en fonction de son mois de naissance. Pour Bob, c'est clair, il est né en février, donc il appartient à la tribu de Joseph. D'ailleurs, dans Redemption song, Bob se présente comme la réincarnation de Joseph, fils de Jacob : "but my hand was strenghtened by the hand of the almighty".

A la fin des années 60, les Wailers devinrent le premier groupe jamaïcain populaire à faire de la philosophie et des rythmes rastas le fondement de leur musique. Les Wailers avaient accompli un chemin musical et spirituel d'envergure, donnant naissance à un mouvement culturel original et infléchissant l'évolution du reggae comme aucun autre artiste. Depuis un titre comme Simmer down, (1964, morceau écrit par Bob Marley et enregistré au Studio One) où le jeune Bob Marley s'époumone sur un beat très ska avec un chorus reprenant le refrain, le groupe a imprimé une marque indélébile à cette musique.

"I and I are of the house of David. Our home is Timbuktu, Ethiopia, Africa, where we enjoyed a rich civilization long before the coming of the Europeans. Marcus Garvey said that a people without knowledge of their past is like a tree without roots".

Bientôt, la plupart des stars du reggae devinrent rastas et, en retour, le reggae devint le principal vecteur d'expression de la culture rasta et de ses revendications. Des chanteurs comme Marley devinrent plus que des amuseurs. Ils étaient des révolutionnaires (revolutionnary workers) et des représentants des pauvres de Kingston, chez qui leur message arrivait par la radio, comme dans tous les foyers de l'île.

"Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/ A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no' nough".

Par ces mots simples chantés avec une voix squelettique, Marley diffusa au sein du peuple jamaïcain des éléments de conscience politique. Il s'en prit au système raciste (skinocratic system) de la Jamaïque, qui plaçait les blancs en haut de l'échelle sociale, les mulâtres au milieu et les noirs en bas. Dans Crazy baldhead, il chante :

"Didn't my people before me/ Slave for this country/ Now you look me with a scorn/ Then you eat up all my corn".

En 67, Marley cessa d'enregistrer, quitta Kingston et retourna dans son village natal de St. Ann mountain. Dans ces collines, il conclut son engagement envers Jah Rastafari, donnant une inclinaison définitive à sa vie, à sa musique et au mouvement rasta lui-même. Pendant un an, Bob adopta le style de vie rasta. Lorsqu'il revint à Kingston à la fin de 68, il s'engagea dans le combat musical grâce auquel il demeure célèbre. Ironie du sort, Marley s'était isolé au moment où le monde changeait, où la jeunesse exprimait son ras-le-bol et son désir de nouveauté, comme si cet isolement avait été nécessaire, au milieu de la fureur, pour venir proposer aux masses occidentales une nouvelle spiritualité.

Les premières chansons à connotation religieuse de Bob Marley parurent en 1968. Il s'agit de Selassie I is the temple, Duppy conqueror, Small axe et Trench town rock.

Pour Marley comme pour de nombreux rastas, les noirs sont une tribu perdue d'Israël. Ils se considèrent comme les véritables Hébreux et tiennent les occupants actuels d'Israël pour des imposteurs.

Bien que certains rasta extrémistes (secte Nyabinghi) considèrent qu'il faut tuer l'oppresseur blanc, tous les rastas refusent de porter les armes. Comme l'explique Bongo-U, un guérisseur rasta de Montego Bay, "La violence est laissée à Jah. Seul Dieu a le droit de détruire". Les Rastas croient à la force spirituelle et au pouvoir des éléments : tremblement de terre, le tonnerre, l'éclair. Selon le précepte biblique, les Rastas s'interdisent de manger lorsque d'autres meurent de faim. Ils vivent en communauté, partageant leurs biens et s'échangeant des services.

Au milieu des années 60, lorsque la violence connut de nouvelles flambées dans les ghettos de Kingston Ouest, la police et le gouvernement s'en prirent aux Rastas, brûlant leurs maisons et les mettant à la rue. Au plus fort de la répression, les forces de police détruisirent le quartier de Black o' wall, un endroit du bidonville où vivaient de nombreux rastas, dans des cabanes faites de bois et de tôle. A l'aube, alors que la population dormait, les policiers arrivèrent à la tête d'un convoi de bulldozers pour raser l'endroit. Dans la panique, beaucoup de femmes, d'enfants et d'hommes furent blessés et nombreux furent arrêtés. Ces épisodes inspirèrent un grand nombre de reggaemen, qui trouvaient là matière à actualiser leur combat contre l'oppression, contre l'injustice et contre Babylone, ancrant le reggae dans une réalité politique, géographique et sociale particulièrement passionnée.

Naturellement, la répression dont était victime le mouvement rasta, loin de l'affaiblir, renforçait sa popularité. Ses effectifs continuèrent d'augmenter tandis que le style rasta imprégnait désormais toute la société jamaïcaine. A l'étroit dans les villes, les Rastas historiques encouragèrent bientôt les jeunes à développer des communautés à la campagne, loin du "shitstem" (= système de merde). Les Rastas ont une culture de l'autonomie, fondée sur la pêche, la culture et l'artisanat. Cet appel à déserter Babylone se traduisit par une profusion artistique, les peintres, les sculpteurs sur bois et tous les autres Rastas doués d'un quelconque talent se mettant à transformer de nombreux endroits de l'île – à commencer par Kingston – en un lieu d'exposition et de méditation autour d'objets et de compositions de toutes sortes. Ce dynamisme culturel attire aujourd'hui un grand nombre de touristes sur l'île. Néanmoins, le principal impact de ce mouvement concerne le reggae, vers lequel affluèrent un grand nombre de jeunes dés½uvrés, auparavant engagés dans des bandes et cherchant désormais à gagner leur vie et à développer leur talent dans la musique. Un type comme Dillinger est représentatif de cette mouvance des "rude boys" transformés en reggaeman – certes survolté – par l'influence des communautés rastas.

En 72, durant les mois qui précédèrent les élections, le Premier Ministre Hugh Shearer, leader du Jamaican Labour Party, décide d'interdire la diffusion des chansons rastas à la radio. Ces efforts étaient dérisoires, le reggae étant partout dans l'île, un marché noir très animé s'étant même développé à l'occasion de cette interdiction. Le JLP fut d'ailleurs défait cette année là, tandis que Michael Manley, leader du People's National Party, devenait Premier Ministre. Bien que Marley se défendait de faire de la politique ("Me no sing politics, me sing bout freedom"), il devint de facto une force électorale avec laquelle il fallait compter. Les deux camps eurent l'occasion de le récupérer (en le citant) ou de le poursuivre en justice.
Comme les Rastas sont en contact direct avec Dieu – ils lisent au moins un chapitre de la Bible chaque jour – ils n'ont pas besoin d'intermédiaires. De là le rejet de tous les systèmes, qu'ils soient politiques, commerciaux ou administratifs. De même, le mouvement ne peut pas avoir de clergé ni de leader

En 72, alors que les Wailers travaillent sur une musique de film pour Nash en Angleterre, celui-ci les laisse en plan, partant aux États-Unis pour la promo d'un de ses disques. Les Wailers sont au bout du rouleau : Peter et Bunny ne supportent plus la grisaille londonienne, et veulent rentrer au pays. Déprimés et fauchés, les Wailers sont au point de rupture, lorsque Bob décide d'aller voir Chris Blackwell, le patron d'Island, une toute jeune maison de disque. Fils d'une famille de planteurs jamaïcains, élevé sur l'île et fan de ses musiques populaires, Blackwell connaît évidemment les Wailers. Il les engage, leur concède une avance et se montre pressé d'entamer une collaboration prometteuse.
Bob Marley et les Wailers éditeront une dizaine d'albums chez Island. Tous furent disques d'or (500 000 albums vendus) en Europe et au Canada. Deux furent disques d'or aux États-Unis (Rastaman Vibration et Uprising).

A la fin des années 70, Bob apprend qu'il est malade. Atteint d'un cancer, il sait qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il décide de poursuivre son ½uvre, soucieux d'exploiter au mieux le laps de temps dont il dispose, pour aider ceux qu'il a toujours défendus.

En 78, la délégation sénégalaise aux Nations-Unies attribua à Bob Marley la médaille de la paix dans le tiers-monde (Third World peace medal) en remerciement de son influence en tant qu'artiste au service de la révolution. Pour le Zimbabwe, Marley organisa un concert au Boston' Harvard Stadium afin de récolter des fonds pour la nouvelle Nation.

Lorsqu'il rentre d'Harare, où les Wailers viennent de donner un concert en l'honneur de l'indépendance du Zimbabwe, le 18 avril 1980, Bob sait qu'il est en phase terminale. Il travaille comme un lion pour mettre au point le journal de Tuff Gong, son studio d'enregistrement. Il le baptisa Survival et, malgré l'approche mystique et les passages consignant "les enseignements de Sa Majesté", le journal de Marley faisait l'effort de toucher les jeunes. Bob Marley termina sa vie en prenant soin d'aider durablement les causes pour lesquelles il avait lutté. Il céda les droits d'auteur de certaines chansons à une Fondation dont l'objectif était d'aider les enfants du ghetto à s'alimenter correctement (the Hunger project). Il laissa aussi un Testament en faveur de la cause africaine :

"I and I made our contribution to the freedom of Zimbabwe. When we say Natty going to dub it up in a Zimbabwe, that's exactly what we mean, " give the people what they want " Now they got what they want do they want more ? " Yes ", the Freedom of South Africa. So Africa unite, unite, unite. You're so right and let's do it."

En septembre 80, Bob Marley donne son dernier grand concert au Madison Square Garden de New-York, devant 20 000 personnes. Le jour suivant, il est pris d'un malaise alors qu'il court un jogging dans Central Park. Quelques jours après, il a un nouveau malaise, cette fois lors d'un concert, à Pittsburgh, au cours de ce qui devait s'avérer être son dernier show. Bob lutta plusieurs mois contre la maladie, un cancer du cerveau, dans la clinique du Dr. Joseph Issel, en RFA. Il mourut le 11 mai 1981 à Miami, au cours d'une escale alors qu'il rejoignait la Jamaïque pour y vivre ses derniers instants. Il avait 36 ans. Il fut enterré dans un caveau à St. Ann, près de la maison familiale, par sa femme, Rita, qui l'embauma comme les Égyptiens et les Africains le faisaient pour leurs rois.

Sa mort fut ponctuée de célébrations divers. Le mercredi 20 mai fut un jour de deuil national. Une cérémonie officielle eut lieu au Stade national, en présence de Sir Florizel Glasspole, le gouverneur général, de Michael Manley, le leader de l'opposition, et d'Edward Seaga, le premier ministre. Ce dernier annonça l'érection d'une statue en l'honneur de Bob Marley, la première du genre, dans le Jamaica Park. Il conclut en disant "May his soul find contentment in the achievment of his life and rejoice in the embrace of Jah Rastafari". A ce moment, les milliers de Rastas venus rendre un dernier hommage à leur prophète acclamèrent Jah en reprenant en ch½ur "Rastafari ! Rastafari !". Dans la mort, la société officielle reconnaissait finalement Marley et son Dieu.

Agacés par cette forme de récupération, les Wailers poussèrent les barrières de police, prirent le cercueil dans lequel reposait Bob Marley et l'embarquèrent sur une camionnette. Ils partirent, suivis par un cortège incroyable, fait de bus, de voitures, de motos, de vélos et de gens courant derrière cette procession motorisée qui s'enfonçait dans le c½ur de la Jamaïque, en direction des montagnes natales de Bob. Edward Seaga, décidé à ne pas se laisser écarter de l'événement, se fit transporter par hélicoptère jusqu'au temple qui devait accueillir la dépouille. Ce faisant, il arriva avant tout le monde, évitant le trajet sous le soleil, au milieu de la foule. La cérémonie eut lieu dans le plus grand désordre, une foule de plus de 10 000 personnes priant et chantant pour le départ du Dieu du reggae, tandis que les forces de police, à cheval, faisaient mine de vouloir ramener un ordre que personne n'entendait troubler.
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# Posté le dimanche 08 janvier 2006 06:37

Yannick Noah

Yannick Noah
Rarement reconversion ne fût aussi spectaculaire. Yannick Noah, champion de tennis français, héros national lors de sa victoire à Roland-Garros en 1983, est aujourd'hui l'un des chanteurs les plus populaires. Des courts de tennis à la scène musicale française, il y a un gouffre que l'artiste n'a pourtant pas hésité à franchir. Retour sur un parcours atypique et risqué.

Yannick Noah naît à Sedan, dans les Ardennes françaises le 18 mai 1960. Il est déjà le fruit de deux cultures très différentes. Son père Zacharie, est d'origine camerounaise et footballeur professionnel à Sedan (avec qui il remporte d'ailleurs une Coupe de France). Quant à Marie-Claire, sa mère, elle est française et professeur.

Les époux Noah ont trois enfants, Isabelle, Nathalie et Yannick. Des enfants nés de la fusion de deux mondes très colorés, à l'origine de l'univers bigarré du tennisman-chanteur.

Alors que Yannick a trois ans, la famille Noah quitte la France pour Yaoundé au Cameroun. C'est là que l'enfant grandit, entre ses deux passions: le sport et le reggae. En Afrique, Bob Marley est un exemple pour tous les enfants, et leur donne le courage de survivre, entre espoir et paix.

Roland-Garros

Toute sa force, le garçon l'emploie aussi à jouer au tennis. Très tôt remarqué par son entraîneur, il devient un petit champion vers l'âge de dix ans. Encouragé par le joueur américain Arthur Ashe, Yannick s'embarque alors pour la France, à Nice, où il impressionne par sa carrure et la qualité technique et physique de son jeu.

A seulement 17 ans, il remporte son premier grand tournoi junior à Wimbledon. Dès 1978, il rentre dans la cour des grands et affronte la fine fleur du tennis mondial (Connors, Pecci, Vilas, Lendl, ...). Un rêve devenu réalité pour le gamin de Sedan.

Mais la consécration survient en 1983, lorsque Noah remporte, devant un pays en émoi, le tournoi de Roland-Garros, face au Suédois Wilander. Cela faisait 37 ans que la France attendait cet événement et le joueur est célébré comme un héros.

A 23 ans, Yannick est le troisième joueur mondial et s'attire la sympathie de tous les publics. Son jeu, bien évidemment, est spectaculaire. Mais le personnage l'est aussi. A la manière d'un McEnroe ou d'un Connors, il sait créer le spectacle, toujours drôle, aguicheur, voire déluré. Un aspect artistique qui surprend moins avec le recul des années.

La Coupe Davis

Paradoxalement, le début de la gloire sportive coïncide avec son envie de changement. Mal préparé à cette médiatisation démesurée, Noah perd un peu les pédales. Il prolonge les après matches festifs, sort beaucoup, boit, fume, se plaît à être là où on ne l'attend pas.

Après des années de tennis de haut niveau, il tente une première reconversion dans l'entraînement. Pari réussi puisqu'il remporte la Fed Cup avec l'équipe de France féminine en 1996. Mais surtout, il mène l'équipe masculine à la Victoire en Coupe Davis dès 1991, exploit attendu depuis 1932 !

Saga Africa

La même année, Yannick enregistre son premier 45 tours Saga Africa. Repris en choeur par des millions de spectateurs lors de la finale de la Coupe Davis, la chanson bénéficiera d'un succès inattendu. Mais beaucoup considère encore ce titre comme un coup de tête improbable, venu d'un touche-à-tout somme toute volage. C'est mal connaître Yannick, passionné en toute chose.

Urban tribu confirme en 1993 le virage amorcé par le sportif-chanteur avec Saga Africa. Avec cet album très rock et une tournée marathon, Noah prouve au public qu'il a plus d'une corde "à sa raquette".

Côté coeur, ce père de famille affiche aussi une énergie sans faille. Après deux divorces d'avec Cécilia et Heather, divorces aussi médiatiques que ses exploits sportifs, Yannick renoue avec la sérénité auprès de ses quatre enfants (Joachim, Yelena, Elyjah et Jenaye).

Un homme de coeur

Amoureux de la vie en toutes circonstances, il utilise aussi sa notoriété pour de nobles causes en créant 'Les enfants de la Terre', puis 'Fête le mur', associations caritatives venant en aide aux enfants défavorisés. Il n'est pas rare non plus de le voir sur scène à côté des Goldman, Bruel, Souchon ou Cabrel (Restos du Coeur, Concert pour le Tibet, ...) ou de l'applaudir pour des matches exhibitions avec ses anciens compagnons de tennis (Leconte ou Forget).

En solo, il remplit aussi facilement l'Olympia que le Zénith. Jamais vénal ni calculateur, Noah carbure aux sentiments et à l'honnêteté. Le public l'a bien compris et salue ses actions, humanitaires, sportives ou musicales.

Côté studio, Noah aborde le nouveau millénaire avec sagesse. Sa musique est devenue le reflet de son état d'esprit: ouverte au monde, dansante, joyeuse, comme l'est le reggae.

Son album sobrement intitulé Yannick Noah, enregistré en France et au Cameroun et sorti en septembre 2000, cartonne dans tous les hit-parades, mené par les tubes Simon Papa Tara (hommage à son grand-père), La voix des sages ou Les lionnes. Il faut dire que de grands noms ont participé à son élaboration (J. Kapler, le frère de J-J Goldman, Goldman lui-même et Gildas Arzel).

Pokhara
Depuis, Yannick Noah a relevé le difficile pari qu'il s'était donné. Exit le sportif de haut niveau. Noah l'artiste a parfaitement réussi sa reconversion. Pour preuve encore ses opus: Pokhara en 2003 (un immense succès) et le Live 2002 qui retranscrit l'ambiance de fête véhiculée sur scène par le chanteur.

A plus de quarante ans, le champion de tennis a depuis longtemps cédé la place au chanteur. Cet homme généreux et tolérant est aussi devenu le porte-parole d'une jeunesse idéaliste, ouverte au monde et pleine d'espoir.

Il parvient brillamment à promouvoir, à travers sa musique, ses actions humanitaires, et ses apparitions publiques, un monde meilleur où l'enfance et la paix auront les plus beaux rôles. A la manière d'un sage africain, il mène campagne de façon détendue contre toutes les injustices. Un personnage humble que l'on ne peut qu'apprécier et admirer.

# Posté le dimanche 08 janvier 2006 06:26

Mère Teresa de Calcutta

Mère Teresa de Calcutta
“ Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j'appartiens au monde. Pour ce qui est de mon c½ur, j'appartiens entièrement au C½ur de Jésus.”

Petite de stature, avec une foi solide comme le roc, Mère Teresa de Calcutta, se vit confier la mission de proclamer la soif infinie de l'amour de Dieu pour l'humanité, en particulier pour les plus pauvres des pauvres, “Dieu aime toujours le monde et Il nous envoie, vous et moi, pour être son amour et sa compassion auprès des pauvres.” C'était une âme remplie de la lumière du Christ, brûlante d'amour pour lui et consumée d'un seul désir: “apaiser sa soif d'amour et des âmes.”

Cette messagère lumineuse de l'amour de Dieu est née le 26 août 1910 à Skopje, une ville située aux croisements de l'histoire des Balkans. Cadette de Nikola et Drane Bojaxhiu, elle fut appelée Gonxha Agnès ; elle reçut sa première communion à l'âge de cinq ans et demi et fut confirmée en novembre 1916. Le jour de sa première communion, elle fut remplie d'un grand amour pour les âmes. La mort soudaine de son père quand elle avait environ huit ans, laissa la famille dans une condition financière difficile. Drane éleva ses enfants avec amour et fermeté, influençant beaucoup le caractère et la vocation de sa fille. La formation religieuse de Gonxha fut soutenue par la paroisse jésuite très active du Sacré C½ur dans laquelle elle était bien engagée.

A l'âge de dix-huit ans, poussée par le désir de devenir missionnaire, Gonxha quitte sa maison en septembre 1928 pour rentrer à l'Institut de la Vierge Marie, connu sous le nom de S½urs de Lorette, en Irlande. Là, elle reçut le nom de S½ur Mary Teresa, après Sainte Thérèse de Lisieux. En décembre, elle part pour l'Inde, et arrive à Calcutta le 6 janvier 1929. Après avoir fait ses premiers v½ux en mai 1931, S½ur Teresa fut envoyée à la communauté de Loretto Entally à Calcutta et enseigna à l'école de filles, Sainte Marie. Le 24 mai 1937, S½ur Teresa fit ses v½ux perpétuels devenant, comme elle disait, “l'épouse de Jésus” pour “toute l'éternité.” A partir de ce moment-là, elle fut appelée Mère Teresa. Elle continua à enseigner à Sainte Marie et en 1944 devint la directrice de l'école. Les vingt années de Mère Teresa à Lorette furent remplies d'une joie profonde, elle était très pieuse, aimant profondément ses s½urs et ses élèves. Remarquée pour sa charité, sa générosité et son courage, sa résistance au travail et douée d'un talent naturel pour l'organisation, elle vécut sa consécration à Jésus, au milieu de ses compagnes, avec joie et fidélité.

Le 10 septembre 1946, en route pour sa retraite annuelle à Darjeeling, Mère Teresa reçut dans le train son “inspiration”, son “appel dans l'appel”. Ce jour-là, d'une manière qu'elle n'expliquera jamais, la soif de Jésus d'aimer et sa soif pour les âmes prit possession de son c½ur et le désir de satisfaire cette soif devint la motivation de sa vie. Au cours des semaines et des mois suivants, Jésus lui révéla, par des locutions intérieures et des visions, le désir de son c½ur d'avoir“des victimes d'amour”, qui “diffuseraient son amour sur les âmes.” Il la suppliait “Viens, sois ma lumière”. “Je ne peux y aller seul.” Il lui révéla sa douleur devant la négligence envers les pauvres, son chagrin d'être ignoré d'eux et son immense désir d'être aimé par eux. Il demanda à Mère Teresa d'établir une communauté religieuse, les Missionnaires de la Charité, dédiée au service des plus pauvres d'entre les pauvres. Presque deux ans d'épreuves et de discernement passèrent avant que Mère Teresa ne reçoive la permission de commencer. Le 17 août 1948, elle se revêtit pour la première fois de son sari blanc, bordé de bleu et passa les portes de son couvent bien-aimé de Lorette pour entrer dans le monde des pauvres.

Après un stage de courte durée chez les S½urs de la Mission Médicale à Patna, Mère Teresa retourna à Calcutta et trouva un logement temporaire chez les Petites S½urs des Pauvres. Le 21 décembre, elle alla pour la première fois dans les bidonvilles. Elle visita quelques familles, lava les plaies de plusieurs enfants, prit soin d'un vieil homme malade allongé dans la rue et d'une femme tuberculeuse mourant de faim. Elle commençait chaque journée en communion avec Jésus dans l'Eucharistie et puis elle sortait, le chapelet à la main, pour le trouver et le servir dans“les rejetés, les mal-aimés, les négligés.” Après quelques mois, ses anciennes élèves la rejoignèrent une par une.

Le 7 octobre 1950, la nouvelle congrégation des Missionnaires de la Charité était officiellement établie dans l'Archidiocèse de Calcutta. Au début des années 60, Mère Teresa commença à envoyer ses s½urs dans d'autres régions de l'Inde. L'approbation accordée par le Pape Paul VI en février 1965 l'encouragea à ouvrir une maison au Venezuela. Ce fut bientôt suivi par des fondations à Rome et en Tanzanie et finalement, sur tous les continents. Commençant en 1980 et continuant à travers les années 90, Mère Teresa ouvrit des maisons dans presque tous les pays communistes, y compris l'ancienne Union Soviétique, l'Albanie et Cuba.

Afin de mieux répondre aux besoins physiques aussi bien que spirituels des pauvres, Mère Teresa fonda Les Frères Missionnaires de la Charité en 1963, en 1976 la branche contemplative des s½urs, en 1979 les Frères Contemplatifs, et en 1984 les Pères Missionnaires de la Charité. Cependant son inspiration n'était pas limitée à ceux qui avaient une vocation religieuse. Elle forma les Coopérateurs de Mère Teresa et les Coopérateurs Malades et Souffrants, personnes de fois et nationalités différentes avec qui elle partageait son esprit de prière, de simplicité, de sacrifice et son apostolat pour les humbles travaux d'amour.Cet esprit inspira plus tard les Laïques Missionnaires de la Charité. En réponse aux demandes de beaucoup de prêtres, en 1981 Mère Teresa commença aussi le mouvement Corpus Christi pour les prêtres, traçantun “petit chemin de sainteté” pour ceux qui désirent partager son charisme et son esprit.

Durant ces années de croissance rapide, le monde commença à tourner son regard vers Mère Teresa et le travail qu'elle avait commencé. Elle reçut de nombreux prix pour honorer son travail, en commençant par le prix indien Padmashri en 1962 et le Prix Nobel de la Paix en 1979, alors que les médias, avec un intérêt grandissant, commençaient à suivre ses activités. Elle reçut tout cela “pour la gloire de Dieu et au nom des pauvres”.

L'ensemble de la vie et de l'½uvre de Mère Teresa témoignent de la joie d'aimer, de la grandeur et dignité de chaque être humain, de la valeur de chaque petite chose faite avec foi et avec amour, et, par-dessus tout, de l'amitié avec Dieu. Mais il y avait un autre côté héroïque de cette grande femme qui fut révélé seulement après sa mort. Cachée aux yeux de tous, cachée même à ses plus proches, sa vie intérieure fut marquée par l'expérience d'un sentiment profond, douloureux et constant d'être séparée de Dieu, même rejetée par lui, accompagné d'un désir toujours croissant de son amour. Elle appela son expérience intérieure, “l'obscurité”. La “ nuit douloureuse ” de son âme qui débuta à peu près au moment où elle commençait son travail pour les pauvres et qui continua jusqu'à la fin de sa vie, conduisit Mère Teresa à une union toujours plus profonde avec Dieu. A travers cette obscurité, elle participa mystiquement à la soif de Jésus dans son désir d'amour douloureux et ardent, et elle partagea la désolation intérieure des pauvres.

Durant les dernières années de sa vie, malgré des problèmes de santé de plus en plus sérieux, Mère Teresa continua à gouverner sa congrégation et à répondre aux besoins des pauvres et de l'Eglise. En 1997, les s½urs de Mère Teresa étaient au nombre d'environ 4000 et étaient établies dans 610 fondations réparties dans 123 pays du monde. En mars 1997, elle bénit la nouvelle supérieure générale des Missionnaires de la Charité récemment élu et elle effectua encore un voyage à l'étranger. Après avoir rencontré le Pape Jean Paul II pour la dernière fois, elle rentra à Calcutta et passa ses dernières semaines à recevoir des visiteurs et à enseigner es s½urs. Le 5 septembre fut le dernier jour de la vie terrestre de Mère Teresa. Elle reçut du gouvernement de l'Inde les honneurs de funérailles officielles et son corps fut enterré dans la Maison Mère des Missionnaires de la Charité. Sa tombe devint rapidement un lieu de pèlerinage et de prière pour les gens de toutes fois, riches et pauvres. Mère Teresa laissa le testament d'une foi inébranlable, d'un espoir invincible et d'une charité extraordinaire. Sa réponse à la cause de Jésus, “Viens sois ma lumière”, fit d'elle une Missionnaire de la Charité, une “mère pour les pauvres”, un symbole de compassion pour le monde et un témoignage vivant de la soif d'amour de Dieu.

Moins de deux ans après sa mort, dû à la réputation de sainteté largement répandue de Mère Teresa et au rapport des faveurs reçues, le Pape Jean Paul II permit l'ouverture de sa cause de canonisation. Le 20 décembre 2002, il approuva les décrets de ses vertus héroïques et miracles
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# Posté le vendredi 06 janvier 2006 07:05