Eric, The king

Eric, The king
Son enfance

Eric est né le 24 mai 1966 à MARSEILLE .

Il a 2 frères : Jean-Marie , son ainé de 3 ans , et Joël qui lui aussi est professionel. Tout jeune déjà il passe des heure à tapper dans le ballon. Il assiste aux matches du vélodrome où Skoblar et Magnusson sont ses idoles. En 1981 il part tenter sa chance à l'OGC Nice mais sans succès . C'est à Auxerre que va débuter sa carrière.

Sa Carriere: Auxerre

Il y arrive peu après , pendant l'été 81 . Il n'a que 16 ans mais il s'impose déjà avec l'équipe réserve . Le 5 novembre 1983 , il débute en D1 et le 15 mai 1985 il marque son premier but en D1 . Mais c'est Roger Boli qui a les faveurs de Guy Roux . Eric fait banquette et tombe amoureux de la soeur de son coéquipier Bernard Ferrer .


Mais la belle Isabelle habite à Aix-en-Provence et même si Eric fait tout pour la retenir ( il empèche le train de partir à la gare ! ) elle doit repartir chez elle . Guy Roux est au courant de la liaison et décide alors de l'envoyer à Martigues en D2 .

Martigues

Il s'installe avec Isabelle et joue son premier match le 13 octobre 1985 .

Martigues est dernier du championnat mais grâce à Eric , Martigues se maintient.


Après une saison en D2 , Eric revient à Auxerre plus aguerri et marié

Marseille

Il arrive en juillet 88 pour la somme record de 22 millions de Francs et un salaire de 400 000 Francs par mois . Il trouve vite ses marques et les bonnes performances s'enchainent . Mais Henri Michel , le sélectionneur national de l'époque ,"l'oublie" pour le match contre la Tchécoslovaquie. Le 20 août 1988 , après un match de championnat , Eric le traite de "sac à merde".

Il est suspendu de toute sélection pour 1 an . Même s'il parait peu affecté , ses prestations sont de moins en moins bonnes .Le 28 janvier 1989 , houspillé par le public lors d'un match amical contre le Torpedo de Moscou , il retire son maillot , le jette et quitte le terrain la tête haute. C'est la fin du premier acte marseillais

Bordeaux

Il débarque à Bordeaux le 15 février 89.Pour oublier ses déboire avec l'olympique de marseille à Bordeaux officie le nouvel entraineur Didier Couécou , un homme de caractère comme les aime Eric .

Bordeaux finit 13e et Canto , simplement prêté par l'OM , retrouve le marché des transferts

Montpellier

Il signe à Monpellier à des conditions financières particulièrement basses. Il rejoint son ami Stéphane Paille et forme le duo à la mode de l'époque .Mais des querelles pourrissent le climat . Paille s'en va et Canto est suspendu par son président Nicollin pour avoir frappé son coéquipier J-C Lemoult .Le président de Monptellier qu'Eric dit ne jouera plus jamais avec l'équipe première mais il reviens une semaine plus tard sur sa décision !!


L'avis de tempête passé , Montpellier et Cantona reprennent des couleurs et remportent la coupe de France . Mais la coupe d'europe se fera sans lui .

Nîmes

Tout juste promu , Nîmes achète Eric pour 10 millions de Francs . C'est un choix du coeur qui pousse Canto à jouer pour les "Crocos" .

Les résultas sont décevants malgré une équipe de qualité . Le 7 décembre , Eric explose contre St Etienne . Après une décision qu'il juge injuste , il prend le ballon , le jette à la face de l'arbitre et quitte le terrain avant même d'être expulsé . L'idylle nîmoise n'aura durée que 6 mois . Quelques jours plus tard , à la ligue nationale , Eric , venu défendre sa cause , insulte les membres du conseil de discipline . La sanction est doublée et passe à 2 mois .


Excédé , Canto annonce sa désicion d'arrêter le football et promet de rembourser la somme du transfert à Nîmes!

Leeds

Sa retraite n'aura pas été longue puisque , conseillé par Platini , il part tenter sa chance en Angleterre .

Après un essai à Sheffield Wednesday , il signe à Leeds en Février 92 . Après une courte période de rodage , il devient irrésistible et contribue grandement à l'obtention d'un titre que Leeds attendait depuis 1974 . Eric devient la nouvelle idole du foot anglais et fait retentir le désormais célèbre "Ooh ! Ah ! Cantona !" dans le kop d'Elland road .
Après un Euro 92 raté avec l'équipe de France , Canto retrouve Leeds et gagne le Charity Shield en inscrivant 3 buts . Mais les rapports se détériorent avec son entraineur et il est finalement transféré chez l'ennemi juré , Manchester United .

Manchester

Difficile de résumer ces 5 années passées à MU .

On pourrait seulement retenir ses 4 titres de champions et ses 2 victoires en Cup . Mais c'est surtout ses exploits et son charisme qui ont fait de lui une véritable légende à Manchester et en Angleterre . Sa suspension de 8 mois suite à son célèbre karaté-kick et son retour triomphal le 30 septembre 95 ont contribué à sa légende . Mais après une saison en demi teinte et une désillusion en coupe d'europe .


il décide d'arréter sa carrière en juin 97 . On regrettra ses talonnades et ses buts mais c'est maintenant du côté du cinéma qu'on retrouvera Canto.

L'Equipe de France

Son histoire avec l'équipe de France est une histoire d'amour et de désamour :

. Première sélection en août 87 contre la RFA . Défaite 2-1 mais il marque son premier but .

. Le 20 août 88 , il traite Henri Michel , le sélectionneur , de "sac à merde". Il est suspendu de toutes sélections nationales pour 1 an.

. Il loupe la finale retour du championnat d'Europe espoir à cause de sa suspension en 88 . Il est néanmoins sacré champion d'Europe espoir . C'est son seul titre avec l'équipe de France .

. Pour son retour en sélection avec Platini à la tête de l'équipe de France , il marque un doublé et gagne 4-2 en Suède , en août 89 .

. L'Euro 92 marque la fin d'une belle aventure . Ils sont éliminés sans gloire et Platini s'en va .

. Gérard Houllier le remplace pour mener l'équipe de France au mondial 94 . On connait le résultat et le double bouillon face à l'Israël (!!!) et face à la Bulgarie (merci Kostadinov !) . La coupe du monde se fera une nouvelle fois sans la France .

. C'est maintenant Aimé Jacquet le sélectionneur . Son règne débute par une victoire en Italie 1-0 . Canto est le capitaine . Mais son rôle en équipe de France est remis en cause par une suite de mauvaises performances en éléminatoires de l'Euro 96 . Le débat tournera court puisque Canto disparait suite à sa suspension en 95 .

. Depuis , il n'a plus été rappelé en sélection . L'Euro 96 se fait sans lui malgré les pressions du public . Sa dernière sélection aura donc été contre les Pays-Bas en janvier 95 .

. Son bilan : 45 sélections , 20 buts . Champion d'Europe espoir en 88 .


Canto a dit

"When the seagulls folow
the trawler it is because
they think sardines will be
thrown into the sea."
"Quand les mouettes suivent
un chalutier, c'est qu'elles
pensent qu'on va leur jeter
des sardines"


« Je suis un homme libre et je
tiens à cette liberté. Je suis
un homme du voyage,
capable, de tout
abandonner pour des
richesses inconnues. En
dehors de ceux qui m'aiment
rien ne me retient. » (France-
Soir 12 Octobre 1992)


« Avec la Coupe d'Europe,
l'équipe de France ne me
manque pas vraiment. Mais je
suis toujours disponible. Cela
ferait plaisir à certains si je
disais que je ne l'était pas ! »


« Je suis exigeant. Je crois qu'il faut avoir honte de perdre. Il faut
toujours rougir de la défaite. »

« Je me suis fixé un objectif : être le meilleur. Je n'y arriverais
peut être jamais, mais, au moins je vis pour quelque chose.

« Dans le passée quand j'ai essayé de me corriger, j 'ai
perdu mon football. »
« Sans me comparer à Mac Enroe : est ce que vous pensez
vraiment qu'il aurait possédé les mêmes coups, la même
inspiration avec le caractère de Borg ? Impossible ! »


« Sur ma tombe je ne veux aucune
inscription. Une pierre vierge, parce que
je voudrais laisser derrière moi le
sentiment d'un grand mystère. »
(L'express, août 1993)

« Avec la Coupe d'Europe,
l'équipe de France ne me
manque pas vraiment. Mais je
suis toujours disponible. Cela
ferait plaisir à certains si je
disais que je ne l'était pas ! »
(NPA, 2 octobre 1996 )

« Je suis exigeant. Je crois qu'il faut avoir honte de perdre. Il faut
toujours rougir de la défaite. » (Le Sport, 12 septembre 1987)

« Je me suis fixé un objectif : être le meilleur. Je n'y arriverais
peut être jamais, mais, au moins je vis pour quelque chose. » (Le
Nouvel Observateur, 12 Novembre 1989)

« Dans le passée quand j'ai essayé de me corriger, j 'ai
perdu mon football. »
« Sans me comparer à Mac Enroe : est ce que vous pensez
vraiment qu'il aurait possédé les mêmes coups, la même
inspiration avec le caractère de Borg ? Impossible ! »

« La Marseillaise elle ne me fait plus rien. J' ai joué plus de
quarante fois en équipe de France. Je l'ai écoutée plus de
quarante fois. C'est comme un disque. Tu l'écoutes. Quand tu en
as marre, tu le ranges. Terminé. Je joue pour une équipe, des
copains, pour le plaisirs du football et celui des gens qui
viennent. »

« Pourquoi devrait on
respecter les hymnes ?
C'est le bordel la vie.
Faut continuer dans le
bordel. L'ordre, ça me
tue. Je ne suis pas un
soldat. Le foot , ce n'est
pas le défilée du 14
Juillet. Le foot, c'est
léger. »

« Chez moi, le plaisir aura toujours une valeur supérieure à
l'argent. Et mon comportement ne changera pas en fonction de
l'argent que je gagnerai ou pas. Traitez-moi de démago, rien n'y
fera ! Je suis prêt à tout assumer : mon caractère instable, mon
manque de réflexion, mes mouvements d'humeur, mon insuffisance
de formation, mais je jure que jamais, jamais l'argent ne me fera
courir plus vite, sauter plus haut, bref, ne me fera sortir de moi-
même. »

« Ma famille ils sont simples, très simples et rigolos. A la maison, on
passe toujours des heures à table. C'est la famille à l'italienne, avec de
la chaleur, des cris, des rires et des engueulades. Aujourd'hui encore,
lorsque mon père et ma mère ont des mots pour un rien, les larmes me
viennent aux yeux. Je déteste la dispute entre les gens qui s'aiment. Et
j'en pleure. Mes frères sont différents. C'est ma nature, je n'y peux
rien. »

« Rebelle, aujourd'hui, ce mot ne veut plus rien dire. Tout le monde se
l'accapare. Il est tombé dans le domaine public. Les rebelles ? On ne sait
plus qui sont les authentiques et les faux. L'apparence de l'homme n'a pas
d'importance. Elle n'en a jamais eu. C'est l'intérieur qui compte. Etre fidèle
à sa morale. Ne pas avoir à rougir. Ne pas avoir honte de soi.»

« J'aime peindre la folie. Tout ce qui me traverse la
tête. Un mélange de statue de la liberté, de tour
Eiffel, d'hélice qui tourne. Ma peinture ? Un sac de
n½uds ! Quand je peins, c'est un peu comme quand
je marque un but. Je ne suis plus dans le réel. Je
décolle. Une sensation si puissante qu'elle me
dépasse. Je suis seul au monde. Je suis fou et
j'aime. »

« Je ne peux pas dire que
je connaissais
l'Angleterre. En dehors
des préjugés des Français
sur les Anglais, je ne
savais pas vraiment où
j'allais. C'était l'inconnu. »

« Les Britanniques aiment la terre, la nature, les animaux. Ils apprécient les
vraies valeurs, celles que mon père a essayé de m'inculquer. Le reste est
littérature. »

« Je me sens proche de la jeunesse
insolente et pleine de vie de cette
région . L'avenir nous séparera peut-
être, mais nul ne peut nier que,
derrière ses tristes carreaux,
Manchester abrite un amour insensé
du football, de la fête et de la
musique. »

« Comment un fils d'Italiens, un Marseillais, peut-il s'adapter à Manchester ? J'ai ma réponse :
je suis de passage. Dans l'existence, parfois, on trouve des mots qui font du bien. J'ai trouvé :
de passage. Quand j'ai un problème en Angleterre, je me dis : je ne suis pas d'ici. Quand j'ai un
problème en France, je me dis bientôt, je retourne sur mon île. Et je me sens bien. Parce que je
ne m'investis dans rien. Je n'appartiens à personne. Je deviens plus con, parce que je me sens
moins concerné. Je réfléchis moins. Je me sens allégé. »

« Je me vois un peu comme
le Robin des Bois des
temps modernes. Voler
aux riches pour donner
aux pauvres. Si je n'avais
pas fait de foot, j'aurais fait
des trucs comme ça.»

Cantona a été elu joeur du siecle par les fans de Manchester en 2000

Salut l'artiste
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# Posté le vendredi 24 mars 2006 12:56
Modifié le mardi 12 juin 2007 02:40

La Tidjania

La Tidjania
La Tidjania

La Tidjana a pour fondateur Sidi Ahmed Al Tidjani, né en Algérie en1737 et décédé à Fez en 1815. Au Fouta-Toro l'essor de la confrérie est dûe à El Hadj Omar Tall (1794-1864), revenu de la Mecque en qualité de Khalife des Tidjanes pour le Soudan.
En pays wolof, le mérite de la propagation de l'ordre revient à El Hadj Malick Sy, né en 1855 près de Dagana. En 1902, il se fixa définitivement à Tivaouane qui devint, sous son impulsion, un centre d'enseignement et de culture islamique. A son décès, en 1922, son fils Ababacar Sy fut le premier khalife ; Mansour Sy, son frère, lui succéda mais mourut quatre jours plus tard. Serigne Mansour Sy est depuis 1997 (date du décès d'Abdoul Aziz Sy) l'actuel khalife.
Le Gamou de Tivaouane rassemble chaque année de nombreux fidèles à l'occasion du Maouloud (naissance du Prophète). La "maison" de Tivaouane n'est pas la seule que compte la confrérie au Sénégal. Il y a celle de Kaolack qui a pour fondateur Abdoulaye Niasse, celle de Médina-Gounass (à l'est du parc du Niokolo Koba) créée par Mamadou Saïdou Ba et, près de Thiès, celle Thiènaba dont l'initiateur fut le disciple d'un célèbre marabout du Fouta, Amadou Sekhou.
La Tidjania attache une grande importance aux aspects culturels et éducatifs. Elle est favorable à l'adhésion individuelle du disciple.


El Hadj Malick Sy: Maodo

Des origines prophétiques En ce qui concerne la vie de cet homme exceptionnel, un constat s'impose : du 25 février 1855, date de sa naissance à Deuw Fall (Gaé) dans le département de Dagana, au 27 juin 1922, date de son rappel à Dieu à Tivaouane, El Hadj Malick Sy aura fait un long chemin. Il a surmonté maints obstacles, et abattu un travail de titan dont la résultante est aujourd'hui une parfaite propagation de l'Islam, de la Tijaniyya à travers non seulement le Sénégal, mais aussi l'Afrique, l'Europe, les Amériques, etc. Relativement à ses lignées paternelles et maternelles, qui convergent toutes autour du Sceau des Prophètes Seydina Mohamed (SAWS), on retient que Maodo Malick Sy (RTA) est de parents d'origine arabe. Il est un enfant posthume, fils de Ousmane, lui-même de Mouhaz fils de Mohamed, descendant de Youssouf, Dramame, Ciré, Boubou, Yahya tous descendants du Chérif Chams Eddine. De sa mère Fawade Wellé, le Saint de Tivaouane appartient à la famille des « Ansaar », l'ethnie qui a accueilli le Prophète (SAWS) à Médine, au terme d'Al Hidjra (Hégire), exil, sur instruction d'Allah le Tout Puissant. Son acharnement pour les études et l'enseignement n'étonnerait que le profane, quand on sait que son ascendant, Ousmane Sy, a atterri au Walo, après des études en Mauritanie auprès du Professeur Mohamadou Baba Al Daymani, à la recherche d'un livre que seul possédait le marabout Malick Sow de Gaé. Ce dernier sera plus tard l'homonyme de Seydil Hadj Malick Sy (RTA) et un de ses maîtres d'école coranique. Une si longue pérégrination Il a été initié aux premières lettres du Coran par son oncle maternel, Alpha Mayoro Wellé, avant de faire un pèlerinage au Djoloff de son père ,sur instruction de son oncle Ahmed Sy. Il retourne au Walo en 1864 ,pour achever ses études auprès de son homonyme et de son oncle Alpha Mayoro, qui le confiera ensuite à d'autres maîtres. Et chacun le forma dans sa spécialité (Droit - grammaire - Tajwiid, etc). Ce fut, après, une longue pérégrination auprès des maîtres les plus réputés à l'époque, en Mauritanie, dans le Fouta, au Ndiambour et au Cayor. Ainsi, se rendit-il à Ndothj Sèye, Pathiasse, Nguithie, Ghjiléki, Diabbé Lidoubé, Oréfondé, Lougué Sebbé, Lougué Foulbé, Thiarène, St-Louis, Taïba Sèye, Dramane, etc. De retour à Gaé, en 1873, il reçut le Wird, la Hidiaza (qui faisait de lui un Moukhaddam de la Tidianiya) de son oncle Alpha Mayoro Wellé. Ce dernier en avait reçu l'ordre d'El Hadji Oumar Al Foutiyou Tall (que Dieu soit satisfait de lui). Ce ne fut pas son seul Hidiaza. Car beaucoup d'autres grands maîtres, dont Maouloud Fall (en 1876) et Mohamed Aly, lui en donneront par la suite. Vivre de la sueur de son front Ne voulant jamais vivre aux dépens des autres et évitant toujours d'être un parasite social, El Hadj Malick Sy s'installe à Ngambou Thieulé (situé entre Gaé et Dagana) pour travailler la terre et enseigner. Le fruit de son labeur lui permit d'effectuer, en 1889, le pèlerinage à La Mecque, 5e pilier de l'Islam. Au Sanctuaire Béni et Sacré, comme dans la mosquée-mausolée de Seydina Mohamed (SAWS) à Madinah Al Mounawarah, il demanda au Tout Puissant d'exaucer les v½ux qui suivent : l'épargner, lui, tous les chefs religieux musulmans, leur famille et leurs fidèles, des tentatives de domination de tout ordre des colons pour mieux pratiquer les recommandations divines ; l'obtention de terres où il pouvait travailler et prendre en charge sa famille, ses fidèles et lui-même, pour ne pas être un fardeau pour les autres. Ses autres v½ux sont de pouvoir, grâce à ses actions et à ses fonds propres, réussir une prolifération des mosquées à travers le pays. Il a prié également pour qu'il n'y ait aucune différence visible (habillement, comportement, etc) entre ses enfants et les autres fidèles et amis. Enfin, pour qu'il lui soit réservé dans l'autre monde tout ce que Dieu lui destinerait comme Lumière et autre puissance mystique et religieuse. Chacun sait que la plupart des prières de Maodo ont été exaucées, si l'on en juge par les vastes champs qu'il exploitait à Ndiarndé, Diaksao, Diamaguène, etc, les mosquées qu'il a fait construire partout, ou que ses fils ont fait construire, dont celle de Paris. C'est l'un de ses disciples, El Hadj Abdoul Hamid Kane de Kaolack, qu'il a envoyé en définir l'orientation vers l'Est, en 1922. De retour de La Mecque en 1890, Maodo Malick s'installe à Ngambou Thieulé. Il construisit ensuite la Zawia de St-Louis en 1892, retourne séjourner au Djoloff puis rentre à St-Louis. Ses nombreux déplacements, l'affluence des fidèles, qu'il réunissait pour leur dispenser un enseignement, les prières et Wazifa dans la Zawiya et dans sa concession ont attiré l'attention des colons, qui ont assimilé ces invocations au Tout Puissant à des mots de passe et des consignes de guerre. Ils soupçonnaient, en outre, le guide religieux de détenir des armes. C'est ainsi qu'il a été convoqué, plusieurs fois ,devant le bureau politique du Gouverneur du Sénégal, de 1893 à 1905. À chaque fois, Maodo ne variait pas dans ses réponses : « Dieu nous a ordonné, à vous et à moi, de l'adorer, de prier. Vous avez refusé et moi j'exécute. Voilà ce que mes fidèles et moi faisons tous les jours. Ce que vous appelez cris de guerre ou mots de passe ne sont qu'évocations du Tout Puissant et prières sur la Meilleure Créature, le Prophète Mohamed (SAWS). Concernant les armes, j'en ai une et une seule : mon chapelet avec lequel je me battrai jusqu'à ce que l'Islam et la Tidianya atteignent les coins les plus reculés du monde, à votre grand dam ». Finalement, et suite aux témoignages des plus grands érudits de l'époque et aux différents rapports des services secrets, l'administration française était convaincue que : « Seydyl Hadj Malick était le marabout le plus instruit, le plus cultivé, le plus pédagogue de son époque ». Outre ces mots consignés dans les archives nationales et de France, l'un des témoignages les plus éloquents fut celui du grand Chérif Cheikh Sidya, descendant du Prophète Mohamed (PSL) et grand maître de la confrérie Khadriya. Après le défi de l'implantation de la Zawiya de St-Louis (près du gouverneur du Sénégal), Elhadj malick s'installe à Ndiarndé, puis à Tivaouane. En 1902, il organise la première commémoration de l'anniversaire de la naissance du Prophète de la miséricorde, le sceau Seydina Mohamed (SAWS), sous sa forme actuelle. Enseignement décentralisé Mais le domaine où Malick Fawade (pour les Walo Walo) ou Malick Ndiogou (pour les Djoloff Djoloff) a réalisé des merveilles, c'est celui de l'éducation et de la formation. Son confident et intendant le défunt Imam Raatib de Bambey, El Hadj Alioune Tall, a révélé que, de l'apparition du soleil à son coucher, Seydyl Hadj Malick dispensait un enseignement à plus d'une centaine d'élèves et dans différentes matières, tandis qu'il consacrait la nuit à écrire. Il n'a jamais prié seul (prières canoniques) et a toujours pratiqué la Wazifa en commun avec les fidèles, jusqu'à son rappel au Très Haut ». Là, il est à signaler que plus d'une cinquantaine des 180 élèves, qui fréquentaient l'école de Maodo, le faisait concomitamment avec des études à l'école occidentale. Ce qui prouve son ouverture d'esprit et l'importance qu'il accordait à la formation des âmes -tout en les purifiant- des enfants qui lui étaient confiés. De cette école, une véritable université populaire, sont sortis d'abord 41 Moukhadams qu'il a installés, partout au Sénégal et dans certains pays africains, (Ndary Mbaye, au Gabon, El Hadj Amadou Bouyo Guèye, en Côte d'Ivoire, Madiakhou Diongue, au Congo-Belge, actuel RDC, entre autres), pour propager et perpétuer son ½uvre éducationnelle. Parmi les autres élèves figurent, hormis ses fils Ahmed, Babacar, Mansour, Abdoul Aziz et Habib, ceux de Chérif Younousse de Banguère (Casamance), Serigne Youssoufa Diop, Médoune Mbaye Sarr, Mor Binta dit Mbeur Sy, Mor Khoudia Sy, Baye Mbacké et Baye Dame Sy, Amadou Anta Samb, Serigne Hady Touré, Maouloud Fall (un Mauritanien), El Hadj Rawane Ngom, El Hadj Abdoul Hamid Kane, Serigne Ngounta Diop, El Hadj Alioune Tall, le Cadi Alioune Dia, Elimane Sakho. Tous ces érudits ont fondé dans les localités où Maodo les avait envoyés, des foyers religieux qui, à ce jour, illuminent tous les coins et recoins environnants. Ils avaient la charge de décentraliser l'éducation et l'enseignement des sciences islamiques. Au plan social, Maodo avait lié une fraternité agissante avec la plupart de ses contemporains, avec lesquels une convivialité et une estime réciproque étaient vivifiées et convenablement entretenues. Il disait aux membres de sa famille et à son entourage immédiat que : « Toute personne qui ne dirait outre que du bien ,dans mes relations avec mon parent et frère Ahmadou Bamba ,s'exclurait tacitement des miens ». Cette attitude irréprochable lui a valu beaucoup d'éloges, sous forme de poèmes de la part de grands hommes de Dieu comme Cheikh Saadbou Aby, Thierno Ameth Ndiaye Babahé, Thierno Sileymane Ball, Thierno Makhtar Kébé, El Hadj Cheikh Thiam de Fatick, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké Khadimou Rassoul, etc. Ce dernier est son cousin. Une relation privilégiée avec toutes les familles religieuses Car Mame Marame Mbacké leur grand-père commun avait 3 fils : Amadou Farimata, Thierno Farimata et Ibra Farimata. Amadou Farimata est le père de Maty Mbacké, elle-même mère de Ousmane Sy le père d'El Hadj Malick Sy. Thierno Farimata a eu comme fils Mame Balla Aïssa Boury Mbacké, père de Mor Anta Sally Mbacké, ascendant direct de Cheikh Ahmadou Bamba. Ibra Farimata est le père de Khary Mbacké dont le fils Ngagne Niang est père de Safiatou Niang la sainte mère d'El Hadj Abdoul Aziz Sy A'Dabbakh (Rta). Ces deux grands hommes, qui ont fait la fierté des musulmans de l'Afrique et du monde, se sont rencontrés à Ngambou Thiallé peu avant l'exil de Khadimou Rassoul. Au terme de son séjour, Serigne Touba a écrit quelques vers destinés à son cousin, ami et contemporain. Dans le cercle des disciples de Maodo, on ne peut oublier El Hadj Saïdou Nourou Tall (RTA), petit-fils du Commandeur des Croyants, Cheikh Al Hadj Oumar Al Foutiyou. Il était le régulateur de la famille de Seydyl Hadj Malick dont il avait épousé une des saintes filles. D'ailleurs c'est à Mame Thierno (comme on l'appelait affectueusement) que l'homme de Tivaouane confia la famille avant d'être rappelé à Dieu. Un legs à la dimension incommensurable Dans le domaine littéraire, Maodo Malick a légué à la postérité une richesse immense. On y note entre autres « Kilazu Zahab Fi Sirati Khayrul Arab », un recueil de 1001 vers, retraçant la vie du Prophète (SAWS), depuis que Dieu a eu l'intention de le créer à partir de Sa propre Lumière, jusqu'au dernier homme qui a quitté la tombe après l'enterrement. Il y a aussi « Kifayatou Rakhiline », un livre de Droit civil, social et pénal, « Wassilatoul Mouna ou Tayssir », « Fatihatou Toulaab », « If AAmi Mounkiri Jaami », etc. Le saint a aussi écrit sur la médecine, l'astrologie, etc. Le tout fait l'objet d'un recueil édité en Tunisie en 1912 pour la première fois. En 1911, le dernier rapport que les colons ont réalisé stipulait : « El Hadj Malick Sy est toujours conforme aux enseignements du Saint Coran, de la Suna et de la Tidianya. Il prêche un Islam dépourvu de fanatisme et de légende. Il pratique et prêche l'orthodoxie de l'Islam, sans ostentation ou intolérance ». Il aura fait un parcours sans faute. Résistance pacifique et formation El Hadji Malick Sy s'est installé entre 1900 et 1902 à Tivaouane, à l'heure où le colon cherchait à imposer sa volonté. Pourtant, ce chevalier de l'Islam a réussi la prouesse de propager ses idées, par le truchement d'une stratégie de coexistence pacifique. Armé de patience, de fermeté, de persévérance et d'abnégation, Maodo Malick Sy a fini par imposer au niveau national sa vision de l'Islam, en éviter les contacts dissolvants qui n'ont, la plupart du temps, abouti qu'à une destructuration de la société. Ce qui est d'ailleurs arrivé à presque tous les résistants qui ont adopté la méthode de la confrontation. Mais, la stratégie de la résistance pacifique ne l'empêchait pas de s'en prendre violemment aux colons hérétiques. Le Saint homme de Tivaouane opta constamment pour l'éveil des consciences. De ce point de vue, le champ de Diacksao était un cadre très propice, pour délivrer un enseignement à la fois religieux, moral et même politique. El Hadj Malick Sy était un homme de son temps, d'une extraordinaire acuité intellectuelle et fabuleusement lettré. À cet égard et pour s'informer sur les activités du colon, il était abonné au journal officiel qu'il se faisait lire à chaque parution. Moraliste émérite et éveilleur de conscience, Maodo aura été non seulement un témoin de son temps, mais aussi un visionnaire. Son combat a été de former des soldats de la foi et de les disperser pour qu'ils diffusent le savoir, élargissent les bases de la religion et de la tarikha. L'exemple type est celui de ses Zawiyas, implantées en plein c½ur du dispositif colonial, c'est-à-dire principalement à Dakar et à Saint-Louis. Parce qu'il avait choisi d'installer ses lieux de cultes, en plein centre des deux capitales qu'a connues le Sénégal, sa stratégie de quadrillage du territoire et de grand rassemblement du Gamou n'a pas manqué de susciter des inquiétudes chez le colon. Mener, en période coloniale, un combat de cette dimension et le gagner ne pouvait être que le fait d'un homme exceptionnel, à tous points de vue, et dont l'exemple de détachement et d'effacement ajoute à la grandeur.
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# Posté le jeudi 23 mars 2006 07:48
Modifié le mardi 12 juin 2007 02:40

Itzhak Rabin, l'homme de la paix

Itzhak Rabin, l'homme de la paix
Enfance et jeunesse.

Itzhak Rabin naît à Jérusalem le 1er mars 1922. Son père Nehemiah avait émigré des USA et servi comme volontaire dans la Brigade juive pendant la Première guerre mondiale. Sa mère Rosa, fut un des premiers membres de la Haganah. L'enfant Itzhak Rabin va à l'école primaire à Tel Aviv, puis il ira au Lycée agricole Kadouri en Galilée où il fera des brillantes études en vue de devenir ingénieur agricole.
En 1941, au terme de ses études, il incorpore le Palmah. En 1943, il fait la connaissance de Léa Schlossberg chez un vendeur de glaces à Tel Aviv. Ils se marieront en 1948 et auront deux enfants : Dalia (1950) et Yuval (1955).
A partir de 1946, Rabin fait partie des dirigeants du Palmah et s'occupe de l'immigration clandestine. Il est arrêté par les Anglais le 29 juin 1946 et restera en prison pendant six mois dans le camp de Rafiah.

Carrière militaire.

Pendant la guerre d'indépendance, il sert dans la nouvelle armée israélienne et prend le commandement de la Brigade Harel chargée de protéger les convois de ravitaillement pour Jérusalem. En 1949, il est nommé membre de la délégation israélienne lors des premières négociations avec l'Egypte. En 1952, il part étudier en Angleterre à l'Ecole supérieure de Guerre Britannique. Il revient un an plus tard et est nommé général, chargé de la section de l'éducation.
En 1956, il devient commandant de la Région Nord, poste qu'il occupera jusqu'en 1959 lorsqu'il sera nommé chef d'Etat Major adjoint.
De 1964 à 1968, Rabin occupe le poste de Chef d'Etat major. C'est lui qui dirigera Tsahal pendant la guerre des six jours qui sera sans aucun doute la plus grande victoire militaire d'Israël jusqu'à ce jour.

Carrière diplomatique.

Après avoir quitté l'armée, Itzhak Rabin est nommé ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis. L'ancien Chef d'Etat major et héros de la guerre des six jours, est accueilli et apprécié par les autres diplomates et l'administration américaine. Restera ambassadeur jusqu'en 1973.

Carrière politique.

En 1973, Rabin est élu député à la 8ème Knesset comme membre du parti travailliste. Le 2 juin 1974, il est nommé Premier ministre après la chute du gouvernement de Golda Meïr. Il devient le cinquième Premier ministre de l'Etat d'Israël.
Il dirige, en accord avec les médiateurs américains, les pourparlers qui aboutiront en 1975 aux accords intermédiaires entre Israël et l'Egypte.
4 juillet 1976, le gouvernement Rabin décide de l'opération militaire Entebbe, en Ouganda, libérant les otages juifs capturés à bord d'un avion d'Air-France. Shimon Pérès est ministre de la Défense.
En contradiction avec la loi en vigueur, Rabin n'avait pas fermé le compte en banque qu'il avait ouvert aux Etats-Unis quant il fut ambassadeur. Le conseiller juridique du gouvernement décida d'ouvrir une procédure judiciaire contre lui. Il démissionna en 1977.
De 1977 à 1984, il sera député dans l'opposition.

De 1985 à 1990, il participe au gouvernement d'union nationale de la dixième Knesset où il occupera le poste de ministre de la communication puis du 29 juillet 1985 au 15 mars 1990, il sera ministre de la Défense. Il devra se confronter à la première Intifada qu'il voudra mâter. Ce sera un échec.
En mars 1989, le gouvernement adopte son plan d'accord progressif avec les Palestiniens, plan qui servira de base au processus de paix.

En mars 1989, le gouvernement adopte son plan d'accord progressif avec les Palestiniens, plan qui servira de base au processus de paix.
En mars 1992, il est élu secrétaire général du parti travailliste face à son éternel rival Shimon Pérès et en juin 1992, il gagne les élections législatives et devient Premier ministre.
Le 13 septembre, il signe les Accords d'Oslo à la Maison Blanche.
(Voir aussi : le journal d'Oslo)
Durant l'année 1994, il signe au nom du gouvernement les accords du Caire avec les Palestiniens puis le Traité de Paix avec la Jordanie 24 juillet.
Le 10 décembre de la même année, il reçoit, en même temps que Shimon Pérès et Yasser Arafat, le prix Nobel.
Le 28 septembre 1995, Rabin signe l'Accord intermédiaire israélo-palestinien.
Le 4 novembre 1995, en plein c½ur de Tel Aviv, sur la place des Rois d'Israël, au terme d'un meeting en faveur de la paix et contre la violence, Itzhak Rabin est assassiné à 21h40.
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# Posté le jeudi 23 mars 2006 07:23
Modifié le mardi 12 juin 2007 02:40

Le commandant Messoud, LE LİON DU PANJSHİR

Ahmad Shah Massoud est né en 1953 à Jangalak, petite localité de la vallée du Panjsher, dans une famille de notables (son père était colonel dans l’armée afghane). Il passe une partie de son enfance à Kaboul (où il fut voisin du futur président communiste Najibullah) puis il intègre le lycée français Istiqlâl. Par la suite, il s’inscrit au Lycée polytechnique de Kaboul pour suivre des études d’architecte qu’il ne terminera pas.

Au début des années 70, il rejoint les mouvements islamistes (en 1973, il tente de rallier des officiers à la cause islamiste) qui, à partir de 1974, doivent faire face à la répression orchestrée par le régime Daoud. A l’instar d’un grand nombre de dirigeants islamistes, Ahmad Shah Massoud prend le chemin du Pakistan.


Il retourne en Afghanistan en juillet 1975 pour participer à la tentative de coup d’Etat. Avec 37 hommes, il se voit attribuer son Panjsher natal comme zone d’action. Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1975, il s’empare du poste de Rokha situé dans la partie centrale de la vallée (deux autres groupes s’occupaient du haut et du bas de la vallée). Mais, au petit matin, la population locale prend les islamistes pour des brigands, appelle l’armée à la rescousse et s’allie à elle pour les chasser. Massoud et ses hommes prennent la fuite et trouve refuge au Pakistan.


L’année suivante, Hekmatyar l’accuse d’avoir trahi le mouvement islamiste. Pour étayer ses accusations, il s'appuie sur les aveux d’un proche de Massoud (Jân Mohammad qui sera assassiné plus tard par Hekmatyar) obtenus sous la torture. Massoud est arrêté mais parvient à échapper à la mort.

On le retrouve en 1978 dans la province de Kunar qui fut la première à prendre les armes contre les communistes. Il se signale ensuite dans le Nouristan où il adopte le pakol, la coiffe typique de cette région. En 1979, il rejoint le Panjsher où il se débarrasse des groupes maoïstes rivaux, avant de devenir la figure la plus connue des Moudjahidin en Occident.



II - Organisation et tactique : les années de lutte contre les Soviétiques


Pratiquement inexpérimenté, Ahmad Shah Massoud va, entre 1980 et 1982, jeter les bases de l’organisation et peaufiner la tactique militaire qui allait construire sa légende.


Dans un premier temps il met en pratique les tactiques de guérilla de Giap, Ho Chi Minh ou de Sun Zi, apprises en autodidacte, en harcelant les convois soviétiques qui ralliaient Kaboul par la route de Salang. Il a appris qu’il ne fallait pas affronter de face une ennemi supérieur, mais qu’il est préférable de le laisser pénétrer à l’intérieur de ses lignes de défense pour mieux l’isoler de ses lignes arrières. Rapidement, ses succès ont attiré l’attention de l’état major soviétique qui lança six opérations sur le Panjsher entre 1980 et 1983.


Outre son génie militaire, Massoud fait preuve d’aptitudes pour l’organisation. Assez rapidement il met en place une armée régulière dotée d’une chaîne de commandement structurée, et d’unités mobiles. De plus, il organise un réseau de renseignement de premier plan (du simple citoyen aux généraux afghans et soviétiques). Cette organisation est illustrée par le déroulement de l’offensive Panjsher 7.


Les soviétiques préparaient, pour avril 1984, une offensive d’envergure sur le Panjsher alors que la trêve conclue avec Massoud l’année précédente touchait à sa fin (Massoud n’avait pas souhaité la proroger). Ce dernier, averti de l’imminence des bombardements par ses espions, ordonne l’évacuation des villageois vivant à l’entrée et dans la partie basse de la vallée. Le 19 avril il tend une embuscade à un convoi de carburant qui empruntait la route de Salang. 70 camions furent détruits. Il fait sauter deux ponts avant d’organiser, le 20 avril, le repli de ses 5 000 combattants dans les montagnes ou les vallées avoisinantes.



Au même moment la vallée est soumise à un terrible bombardement aérien. 36 bombardiers à haute altitude TU-16 Badger déversent un tapis de bombe sur le Panjsher, secondés par des chasseurs-bombardiers Su-24 Fencer, spécialisés dans l’attaque de villages à la bombe incendiaire de 500 kg, des Su-25 Frogfoot ainsi que toute la panoplie des hélicoptères soviétiques. Ce dispositif aérien est piloté depuis des Antonov An-12 transformés en QG volants.


Les bombardements sont le prélude à une offensive terrestre dans laquelle les soviétiques engagent 20.000 soldats, dont 5000 Afghans. Entre le 22 et le 30 avril, les colonnes blindées soviétiques s’avancent jusqu’à Khenj. Elles ont parcouru 60 km en 8 jours. Des mines et des attaques sur leurs flancs ralentissent la progression soviétique appuyée par des unités héliportées. L’une d’entre elles est envoyée en amont à Dash-i-Ravat. Mais, coupé de sa base arrière (Dash-i-Ravat est à 20 km de Khenj), elle est taillée en pièces par les moudjahidin. Jusqu’au 7 mai, les soviétiques et l’armée afghane essaient de prendre au piège les hommes du commandant Massoud en progressant dans les vallées voisines. Mais, ne parvenant pas à leurs fins, ils abandonnent le Panjsher et les vallées voisines, tout laissant des troupes afghanes dans des positions fortifiées à Anawa, Rokha, Bazarak et Pechgur.


Vers 1983-1984, Ahmad Shah Massoud abandonne les actions coup de poing pour adopter une stratégie plus offensive, organisée autour d’unités mobiles professionnelles, dont le but était d’éparpiller les troupes soviétiques sur plusieurs fronts. L’attaque contre le fort de Pechgur en 1985 lui permet de tester la coordination et l’efficacité de ses hommes qui allaient porter la guerre en dehors du Panjsher.


Le camp de Pechgur était protégé par des chars d’assaut (dont certains étaient enterrés), des obusiers (efficaces pour déloger les assaillants retranchés dans les montagnes entourant le fort), des mines, un réseau de barbelés et des sacs de sable. Il était défendu par 500 soldats de l’armée afghane.


A peu près autant de moudjahidin furent impliqués dans cette opération qui débuta au crépuscule (pour éviter les redoutables hélicoptères de combat soviétiques). Tout d’abord le pilonnage fut concentré sur les émetteurs radio et les routes de ravitaillement afin d’isoler le fort. Ensuite, une fois ces premiers objectifs neutralisés, les moudjahidin s’attaquèrent aux 10 postes avancés qui entouraient le fort. Puis, l’artillerie lourde visa le fort qui tint jusque tard dans la nuit. Les défenses ainsi prises à revers, les hommes du commandant Massoud purent ouvrir une brèche. 110 soldats furent faits prisonniers (ils moururent aux mains des moudjahidin lors d’une contre offensive soviétiques). Massoud, ayant prouvé sa capacité d’action, abandonna le fort. Quelques semaines après cette démonstration, les Soviétiques lancèrent en représailles l’offensive Panshir 9.


Fort de cette maîtrise tactique et sûr de l’efficacité de ses hommes, Ahmad Shah Massoud entreprend de sortir de sa base du Panjsher. En 1986 il remporte des victoires probantes à Farkhar (province de Takhar) et Nahrin (province de Baghlan). Il continue à étendre son influence hors du Panjsher en 1987 grâce à la création de la Shura-i Nazar (Conseil de supervision) qui accueillit des commandants locaux de tous bords, transcendant la logique des partis. L’objectif de la Shura était de fédérer des commandants afin de mener des opérations de plus grande envergure. En même temps, la Shura permit à Massoud de lutter plus efficacement contre Gulbuldin Hekmatuyar qui ne se privait pas d’attaquer ses positions (En septembre 1981, le commandant Massoud dut affronter en même temps une offensive soviétique et les combattants d’Hekmatyar). Ce Conseil de supervision, outre ses fonctions militaires, se doublait d’une fonction administrative, recréant ainsi un semblant de structure étatique.


En 1990, il tenta d’aller plus loin en créant, avec les commandants Jalalouddine Haqqani (Hezb-i Islami faction Khales) et Bilal Nayram, le Conseil des commandants. La création de cet organe répondait à l’incapacité des responsables politiques des partis à s’entendre en vue de prendre le pouvoir après le départ des soviétiques. Le Conseil des Commandants ouvrit une représentation à Peshawar. Son bureau politique fut dirigé par Younous Qanouni, un proche du commandant Massoud qui fut aussi le porte parole attitré du Conseil. Néanmoins, son influence ne pénétra que modestement dans le sud et l’ouest du pays (en dépit de la présence d’Ismaël Khan). De plus, les chiites hazaras ne souhaitèrent pas adhérer à cette nouvelle structure. Néanmoins, Ahmad Shah Massoud étendit son influence aux provinces de Badakhshan, Kunduz, Takhar, Baghlan, Balkh et Samangan. Il pouvait aborder en position de force la fin du règne du président communiste Najibullah.



III - Les années de pouvoir
A - Première bataille de Kaboul


Dans la course qui s’engageait pour être sacré Fateh-i Kaboul (libérateur de Kaboul), Massoud bénéficia de l’appui décisif de Rachid Dostom qui rallia la Shura-i-Nazar. Son adversaire se nommait Gulbuldin Hekmatyar. Ce dernier lance une offensive dans la nuit du 24 au 25 avril depuis ses positions du Logar en dépit de la signature des Accords de Peshawar le 24 au soir qui lui garantissaient le poste de Premier ministre pour une durée de 6 mois. Face à cette offensive, le tout jeune gouvernement moudjahidin décide de créer un Conseil pour la sécurité de Kaboul, composé de commandants de 6 partis (Massoud pour le Jamiat, Abdoul Haq pour le Hezb-i Islami faction Khales, Didar pour le Jabha, Haji Cher-Alam pour l’Ittihad, le Mawlaoui Seddiqullah pour le Harakat, et ,enfin, Chah Rokh pour le Mahaz), et placé sous la direction d’Ahmad Shah Massoud, ministre de la Défense en titre. Grâce au pont aérien mis en place par Rachid Dostom, les troupes gouvernementales parviennent à repousser le Hezb-i Islami le 26 avril au soir (le général Baba Jan joua aussi un rôle important aux côtés des forces gouvernementales). Ahmad Shah Massoud venait de remporter la première bataille de Kaboul, six autres allaient suivre.




B - Deuxième bataille de Kaboul


Le 10 août 1992, pour manifester sa désapprobation face au maintien des combattants du Jumbesh-i Melli de Rachid Dostom à Kaboul, Gulbuldin Hekmatyar lança une offensive sur la capitale qui prit fin le 23 août par la conclusion d’un cessez le feu (applicable le 29 août). L’efficacité des miliciens de Dostom (surnommés les nettoyeurs) avait une nouvelle fois encore permis d’enrayer la tentative du Hezb-i Islami. Ces combats firent 2 400 morts et 9 000 blessés. Ils provoquèrent la fuite de milliers de Kaboulis, ainsi que la fermeture des principales représentions diplomatiques.


C - Troisième bataille de Kaboul

La décision du président Rabbani de proroger son mandat déclencha les hostilités dans la capitale. Le 5 décembre 1992, les combattants du Jamiat et de l’Ittihad affrontèrent le Hezb-i Wahdat pour le contrôle des quartiers ouest de la ville. Le 9 décembre, en réponse à de violents affrontements ayant opposé ses hommes à ceux du commandant Massoud dans la zone de l’aéroport, Rachid Dostom bombarda le ministère de la Défense. Grâce à la complicité de Dostom, le Hezb-i Islami pu s’emparer du fort de Bala-Hissar, une position stratégique située à l’intérieur de la ville.


Le 19 janvier, Massoud entreprit de repousser le Hezb-i Islami hors de la capitale avec l’aide de Rasul Sayyaf et du général Baba Jan. Le Hezb-i Islami contre-attaqua et s’empara de Chehl-Setoune. Dostom resta neutre, alors que le Hezb-i Wahdat tenta de profiter de la situation pour renforcer ses positions dans les quartiers ouest de Kaboul. La troisième bataille se termina par un cessez le feu informel qui entra en vigueur le 15 février 1993. Le 7 mars, à l’instigation de l’Arabie Saoudite et du Pakistan, les leaders des différents partis parvinrent à s’entendre pour ramener la paix en Afghanistan. Hekmatyar accepta de reconnaître la légitimité du président Rabbani (élu de manière contestable le 29 décembre 1992) mais, en contre partie, obtint le renvoi d’Ahmad Shah Massoud du ministère de la Défense sans que celui-ci ne fut consulté par Rabbani sur la question. Une commission, formée d’un membre du Hezb-i Islami et d’un représentant du Jamiat-i- Islami (Younous Qanooni en l’occurrence), prit la direction du ministère. Mais ces accords ne contentaient pas les autres partis. D’une part le Jumbesh de Dostom n’avait pas été convié aux négociations, d’autre part, la question de la légitimité du président Rabbani n’était pas résolue malgré les apparences.


D - Quatrième bataille de Kaboul


En outre, les résultats militaires de la troisième bataille de Kaboul ne satisfaisaient personne. Massoud souhaitait reprendre le terrain cédé au Hezb-i Islami. Rasul Sayyaf voulait en découdre avec les chiites du Hezb-i Wahdat qui avaient eux aussi bénéficié des combats précédents pour renforcer leurs positions dans la capitale. C’est sans réelle surprise que les affrontements reprirent en mai 1993. Ils débordèrent le cadre de la capitale à l’automne 1993 avec des affrontements à Tagab et Najrab (province de Kapisa) et à Sarobi. La quatrième bataille de Kaboul se solda par un statu quo sur le plan militaire. Mais, elle allait se révéler d’une grande importance politique.


En effet, alors que Rachid Dostom était resté neutre jusqu’à présent, Massoud décida d’attaquer, début novembre, le port fluvial de Sher Khan Bandar (province de Kunduz) défendu par des combattants du Jumbesh. Pourquoi cette attaque ? Assem Akram avance plusieurs explications dans son ouvrage magistral Histoire de la guerre d’Afghanistan. Tout d’abord, il évoque la rivalité des deux hommes exacerbée par la lutte qu’ils se livraient pour le contrôle des provinces du nord. Dostom avait réussi à supplanter Massoud dans six provinces (Baghlan, Samangan, Jowzjan, Balkh, Sar-i Pul et Faryab), rendant impossible toute continuité géographique avec Ismaël Khan (qui affrontait Dostom pour le contrôle de Maymana à cette période) à l’ouest.


De plus, Dostom s’était rapproché du président Rabbani au point que ce dernier confia au général ouzbek la garde du présidentiel lorsqu’il se rendit en visite en Arabie Saoudite. Rabbani cherchait sans doute à contre balancer la puissance militaire du commandant Massoud en se rapprochant d’un autre poids lourd militaire. Ahmad Shah Massoud sentit le danger et décida donc de passer à l’offensive à Sher Khan Bandar afin de forcer Rabbani à faire un choix entre les deux hommes. Mais, sous la pression du président Rabbani, il remit la ville conquise au Jumbesh. Dès lors, selon Assem Akran, qui a vécu ces événements de l’intérieur, Massoud et Ismaël Khan décidèrent d’évincer Dostom du nord du pays.


D - Cinquième bataille de Kaboul


Elle débute le 1er janvier 1994 par une attaque surprise du général Dostom sur le palais présidentiel. Dostom, ayant eu vent des intentions de Massoud et d’Ismaël Khan, décida de passer à l’offensive. Ses hommes furent stoppés par la contre offensive du Jamiat et de l’Ittihad de Rasul Sayyaf. Rapidement Gulbuldin Hekmatyar se rangea aux côtés de Dostom pour former le Conseil supérieur de coordination de la révolution islamique d’Afghanistan. Le Jabha-i Melli et le Hezb-i Wahdat décidèrent de soutenir les revendications politiques du Conseil – démission de Rabbani, désignation d’un nouveau gouvernement de transition -, laissant le soin au Jumbesh et au Hezb-i Islami de mener les opérations militaires. Le gouvernement se vit renforcer par le Hezb-i Islami faction Khales et par le Harakat-i Enqelab. Les combats s’enlisèrent au bout de quelques jours. Les civils payèrent le prix fort. On déplora un millier de morts pour le mois de janvier, et 200 000 kaboulis quittèrent la capitale. Le chaos régna à Kaboul jusqu’au printemps suivant marqué par l’arrivée des Taliban.


E - Sixième bataille de Kaboul


Dans un premier temps les Taliban liquidèrent les positions du Hezb-i Islami. Les forces gouvernementales contrôlaient alors 80 % de la capitale. Massoud profita de cette situation pour attaquer le Hezb-i Wahdat coincé entre les Taliban et ses hommes. Entre le 6 et le 14 mars 1995 il parvint, avec l’aide des hommes de Rasul Sayyaf et du Harakat-i Islami, à éliminer le Hezb-i Wahdat de la capitale, et à repousser les Taliban à une vingtaine de kilomètres de celle-ci. Pour la première fois les troupes gouvernementales étaient maîtres de Kaboul, une capitale pillée et quasi détruite. Mais très vite un autre ennemi allait surgir de l’ombre.


F - Septième bataille de Kaboul


Après avoir conquis Hérat en septembre 1995, les Taliban se focalisèrent sur la capitale. Dès le mois suivant ils lancèrent une grande offensive qui leur permit de s’emparer de certaines hauteurs surplombant la ville qui était à nouveau sous la menace de tirs de roquettes. Massoud tint près d’un an avant de donner l’ordre de quitter la ville qui fut prise par les Taliban le 26 septembre 1996.



I V - Bilan de quatre années de pouvoir


Ahmad Shah Massoud est encore aujourd’hui critiqué (en témoignent les questions qui lui furent posées lors de sa conférence de presse au Méridien Montparnasse le 4 avril 2001). Les reproches sont nombreux, parfois justifiés, souvent teintés de " il n’y avait qu’à ".


Ahmad Shah Massoud est notamment critiqué en raison de son attitude passive envers les agissements de Rasul Sayyaf.


Entre mai et juin 1992, les frictions se cristallisèrent, entre les partis issus de la résistance, autour de l’attribution du ministère de la Sécurité nationale, héritier du Khad, les services secrets du régime communiste. Outre ses attributions, ce ministère bénéficiait de larges crédits, ce qui en faisait une proie convoitée par tous les partis et certaines puissance étrangères désireuses de s’emparer des dossiers secrets constitués par le régime communiste.


Le commandant Massoud, qui contrôlait déjà le ministère de la Défense et le conseil de sécurité de Kaboul, chercha à placer un de ses fidèles à la tête du ministère. Toutefois, le général Yahya Nawroz (Harakat-i Enqelab) avait été désigné par les Accords de Peshawar du 24 avril 1992. Cependant, les combattants du commandant Massoud l’empêchèrent de prendre ses fonctions. Mais la donne changea lorsque le Hezb-i Wahdat décida de rejoindre le gouvernement intérimaire (il n’avait pas signé les accords de Peshawar, se réservant la possibilité de les ratifier plus tard). Dès lors, il devint nécessaire de leur faire une place au sein du gouvernement.


Le président Mojaddedi décida de leur attribuer le ministère de la Sécurité nationale qui échappait ainsi au commandant Massoud. Néanmoins, le général Khoda-é-Dad Hazara ne pu lui non plus pas prendre son ministère qui était alors aux mains des hommes d’Ahmed Shah, le ministre de l’Intérieur, affilié à l’Ittihad-i Islami. La situation ne pouvait que déboucher sur des affrontement armés entre deux partis qui se vouaient une haine profonde.


Les combats débutèrent le 3 juin 1992. Si l’on se fie à l’organigramme alors en vigueur à cette époque, il revenait au commandant Massoud en tant que ministre de la Défense, et à son bras droit le docteur Abdurrahmane (chef du Conseil de sécurité de Kaboul), de faire appliquer la décision du président reconnu, à savoir permettre au général Khoda-é-Dad Hazara de prendre ses fonctions. Il n’en fut rien. Les combats ensanglantèrent la capitale jusqu’au 26 juin, date à laquelle le Hezb-i Wahdat parvint à installer son homme lige au poste de ministre de la sécurité nationale (Khoda-é-Dad Hazara est aujourd’hui affilié aux Taliban pour le compte desquels il tente de rallier la communauté hazara à la cause des Taliban).


Le deuxième acte fut plus tragique. Il se déroula le 13 février 1993, et eut pour théâtre le quartier chiite d’Afchar Mina. Depuis le 19 janvier, les hommes du commandant Massoud, soutenus par ceux de Rasul Sayyaf, tentaient de déloger le Hezb-i Islami de ses positions kaboulies à partir desquelles partaient un pluie quotidienne de roquettes. Après une première avancée victorieuse, Massoud dut faire face à une violente contre-offensive orchestrée par Gulbuldin Hekmatyar alors que le Hezb-i Wahdat cherchait à progresser par l’ouest. Mais, le parti de l’Unité islamique fut repoussé par l’effort conjoint des combattants de la Shura-i Nazar de Massoud et de l’Ittihad-i Islami de Rasul Sayyaf qui réussirent à pénétrer dans le quartier d’Afchar-Mina où des hommes du commandant Massoud soudoyés par Rasul Sayyaf se livrèrent au massacre de centaines de civils chiites, principalement des enfants, des femmes et des vieillards.


Dans un article paru dans l’Express du 14 janvier 1999 le commandant Massoud affirmait ne rien savoir sur ce qui s’était passé à Afchar-Mina le 13 février 1993. En petits comités, Massoud maudissait Sayyaf, mais il ne pouvait le condamner publiquement pour des raisons politiques et militaires.


Dans un autre registre, le commandant Massoud est considéré comme un piètre homme politique en Occident. Certes, il a soutenu envers et contre tout le président Rabbani alors que ce dernier n’a pas hésité à utiliser Dostom ou Hekmatyar pour le ramener dans son giron et servir ses intérêts (il l’a ainsi démis de ses fonctions de ministre de la défense pour satisfaire Hekmatyar). Légaliste selon les uns, peu doué pour la chose politique selon les autres Massoud n’a pas su ou voulu se rapprocher du président Mojadeddi alors qu’une alliance a été possible à un moment donné. Qu’aurait-elle changé ? Mojaddedi dirigeait un parti pachtoun conservateur d’obédience royalistes. Les deux hommes auraient pu proposer une alternative modérée aux personnages plus radicaux (Rabbani, Hekmatyar et Sayyaf) et entraîner dans leur sillage les tradi-modérés pachtoun.


Il est difficile à dire si un revirement de Massoud aurait permis de changer la donne dans une ville qui accueillaient depuis le 20 avril 1992 tous les détenus de la prison de Pul-i Charki récemment libérés. Pour la plupart ils se retrouvèrent dans une ville où les armes circulaient à profusion, et ou les services de police étaient inexistants. Dans un tel contexte, il était pratiquement impossible au commandant Massoud de ramener l’ordre dans la capitale, d’autant plus que le soutien pakistanais rendait Hekmatyar intransigeant. Massoud a démontré qu’il était un organisateur hors pair, aussi doué pour la politique (création du Conseil des commandants en 1990) que pour la stratégie militaire. Néanmoins, il ne s’est pas adapté à la situation de Kaboul, pas assez vénal pour réussir au milieu des requins assoiffés de pouvoir et dont les ambitions et les moyens étaient renforcées par des soutiens étrangers.


Sa finesse politique et sa stature unique sur la scène afghane et internationale sont indiscutables. Il est parvenu à rassembler autour de lui ses anciens ennemis. Le fier général Dostom s’est mis en début d’année 2001 à son service. Il a accepté de reprendre la lutte sous les ordres du commandant Massoud dans une région de la province de Balkh où sa seule issue est de combattre ou de mourir. Au temps de sa splendeur, Dostom dirigeait un véritable état à la manière d’un prince des Mille et une nuits. Il menait ses opérations depuis son château de la périphérie de Mazar-i Sharif. Aujourd’hui il vit dans une modeste maison et dépend des hélicoptères du commandant Massoud et les choses devaient mal tourner pour lui. Le retour de Karim Kahlili, le leader du Hezb-i Waahdat, s’est fait dans les même conditions.


Favorable à un régime démocratique respectueux des droit de l’homme et représentatif de tous les afghans, Ahmad Shah Massoud n’a pas eu le temps de mettre en place un programme politique. Il n’a jamais bénéficié d’une stabilité intérieure suffisante pour imposer sa vision moderne de l’Afghanistan à une société profondément traditionaliste.






Son assassinat

Il a été tué dans un attentat suicide le 9 septembre 2001 à Khwadja Bahuddin, dans la province de Takhar au nord-est de l'Afghanistan : les terroristes avaient pu l'approcher en se faisant passer pour des journalistes munis de faux passeports belges. Sa mort a précédé de deux jours les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis ; il est raisonnable de penser que les deux événements étaient coordonnés. L'élection présidentielle afghane d'octobre 2004 montre que sa présence aurait modifiée les rapports entre l'armée des occidentaux et le peuple afghan, mais aussi l'attitude indisciplinée des seigneurs de guerre afghans, et le « renouveau » des talibans. A plusieurs reprises, il avait essayé d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le danger représenté par Oussama ben Laden
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# Posté le lundi 20 mars 2006 08:55
Modifié le jeudi 14 juin 2007 11:28

Je pense a vous

Je pense a vous
A l'occasion du 8 mars je dedie ce poemes aux femmes


Femmes bâillonnées et séquestrées...
Femmes mutilées et torturées...
Femmes qui vous cachez,
De force ou de gré,
Sous votre voile...
Amies, je pense à vous !

Femmes heureuses ou malheureuses...
Femmes amantes et aimantes...
Femmes mamans ou grand-mamans...
Femmes futures: petites filles,
Je pense à vous !

Cette journée est la vôtre...
Cette journée est la nôtre...
Ensemble célébrons les luttes d'avant
Qui nous donnèrent : Aujourd'hui.
Ensemble célébrons les luttes d'après
Qui nous donneront : Demain...
# Posté le vendredi 10 mars 2006 16:20